Ce court livre est une pièce de théâtre, dont le point de départ annoncé en 4ème de couverture est plutôt intéressant, sur le sujet du réchauffement climatique auquel je suis sensible, et propose une proche anticipation de notre futur (2029) où les enfants du monde se révoltent face à l'inaction des adultes. La scène se passe dans la maison d'une famille où les 2 enfants ado vont tenter de convaincre leurs parents de rejoindre le mouvement de révolte en cours.
Mais la méthode employée par ces ados est assez désagréable. Leur argumentation est très pauvre et les dialogues sonnent faux. Les indications de mise en scène sont imprécises, fluctuantes comme la “chaleur” dans la pièce que ne semblent même pas ressentir les membres de la famille, voire incohérentes (la télé dont le son est coupé après quelques pages mais qui émet “une musique de flash spécial” un peu plus loin). Enfin la solution proposée par ces jeunes est plus que floue et utopique.
Alors oui il faut agir, et vite, mais pas sûr que cette courte pièce puisse convaincre qui que ce soit.
Comme l'indique mes remarques précédentes et ma note de 2 étoiles, je n'ai pas aimé ce livre.

Un mot d'abord sur la forme : gros pavé de presque 500 pages, dessiné en noir et blanc, la mise en page utilise principalement des pages à 6 cases, et quelques planches grands formats. L'ensemble se lit assez facilement, mais les séquences “d'interview” sont très statiques, très verbeuses et donc assez indigestes à mon goût, d'autant qu'on a du mal à identifier les intervenants.
Côté fond, il s'agit donc d'une enquête sur le réchauffement climatique, ses origines principalement humaines et ses conséquences. On trouve une alternance d'interview de scientifiques et spécialistes, et des passages plus personnels. Cela manque parfois d'infos sur les sources des éléments présentés, mais n'enlève rien à la force du propos plutôt pessimiste et alarmiste. le plus effrayant est de constater que près de 15 ans après la parution de ce livre, les faits ne font que confirmer les prévisions, et surtout de voir la quasi absence d'actions efficaces entreprises, et l'absence de ces sujets dans le quotidien médiatique et politique. Et rien ne laisse imaginer que l'auteur se trompe quand il dit en conclusion que nous “accomplirons ce changement dans de mauvaises conditions, contraints et forcés par les circonstances et bien trop tard”

Le Collège de France, institution d'enseignement supérieur et de recherche, fondé en 1530, délivre des cours du « savoir en train de se faire », et ouverts à tous. Les cours sont maintenant enregistrés et mis à disposition du public sur Internet.

Les leçons inaugurales, c'est à dire le premier cours d'un nouveau professeur, sont aussi publiées, ce depuis 1949. Ce livre (n°325 de la collection) est la retranscription de la leçon inaugurale de Benoit Sagot, professeur invité sur la chaire Informatique et sciences numériques, et prononcée en novembre 2023.
Fin 2022, l'Intelligence Artificielle s'est invitée auprès du grand public avec le célèbre agent conversationnel ChatGPT. Si chacun a pu tester les capacités de ce nouvel outil et envisager ses utilisations au quotidien, peu savent ce qui se cache derrière. C'est l'objet de cette première leçon, et j'imagine de la suite des cours de B Sagot, que de présenter les grandes lignes historiques et techniques du son domaine de recherche, le Traitement Automatique des Langues, des méthodes d'analyses de texte, des techniques informatiques utilisées et des principes de base des réseaux de neurones et d'apprentissage profond des machines, et leurs applications aux outils de traduction ou de conversation automatique. Il évoque aussi les limites et les risques, réels ou fantasmés, associées à ces nouveaux outils.

Malgré plusieurs années passées à Paris je n'ai jamais pris le temps d'aller assister à un de ces cours. C'est en quelque sorte chose faite avec ce livre, court (la leçon ne dure qu'environ 1h), clair et accessible même si parfois assez technique, et qui outre le texte du cours contient de nombreux liens vers les sujets de recherche évoqués. Par contre contrairement au cours “physique” que j'ai pu voir aussi en vidéo, il manque les très bons supports visuels.

Après avoir découvert, et apprécié, le tome 1 de cette série, dans le cadre d'une opération de communication, j'ai eu envie de lire ce 2ème tome.
Le dessin est juste parfait pour les paysages sauvages de l'ouest, de jour comme de nuit, avec de magnifiques couleurs, et le scénario est assez haletant, avec combats et courses poursuite. On découvre la suite et fin de l'histoire de Cusco et sa mine d'or et on pourrait arrêter la lecture ici. Mais le scénario ouvre la porte à la suite des aventures du croque-mort Jonas Crow, donc sans doutes de nouvelles lectures à venir.

Ce livre est la version illustrée des enquêtes de terrain écrites par Alia Bengana, Claude Beachtold et Antoine Harari, et publiées dans le média suisse Heidi.news, sur le thème du béton.Alia Bengana, formée comme nombre d'architectes au miracle du béton, matériau phare du XXème siècle, n'a jusque-là utilisé que ça dans ses projets. Mais des remarques faites lorsqu'elle envisage d'utiliser d'autres matériaux, ou les impacts directs et visibles sur son environnement suisse où elle s'est installée avec son mari, lui servent de déclic.Ils décident alors d'enquêter en interrogeant tout à tour industriels, activistes, architectes, spécialistes et découvrent ainsi le côté obscur de la production du béton (magouille financière, arrangements politiques, impacts environnementaux, obsolescence) mais aussi qu'il existe des solutions alternatives plus respectueuses même si encore marginales dans le monde de la construction. L'enquête est fouillée, didactique, bien documentée et chiffrée, et accompagnée de notices biographiques et de notes (mais sans renvoi dans le cours du livre, d'où le demi-point en moins de ma note).Le dessin d'[a:Antoine Maréchal 20894250 Antoine Maréchal https://s.gr-assets.com/assets/nophoto/user/u_50x66-632230dc9882b4352d753eedf9396530.png] est simple et lisible, coloré, avec un découpage et une mise en page un peu sage, mais rend le sujet d'autant plus accessible.

Bon point de départ de ce 1er tome d'un diptyque annoncé, à savoir la survenue, possible, d'un accident dans une centrale nucléaire française. L'histoire se focalise surtout sur la vie dans les camps de réfugiés en Suède où sont évacués français et européens de la zone irradiée. Cette inversion des rôles par rapport aux camps de réfugiés qu'on connaît est intéressante et la tension qui s'installe dans ces camps est crédible. Par contre je trouve dommage de passer totalement sous silence l'organisation des secours sur place, et d'évoquer à peine les conséquences locales de l'accident. de plus aucun personnage vraiment sympathique à qui s'attacher, le dessin, notamment des visages, n'aide pas.

Pour les plus jeunes OSS 117 évoque surtout la saga cinématographique avec Jean Dujardin dans le rôle de l'espion. Mais OSS 117, de son vrai nom Hubert Bonisseur de la Bath, a avant tout été un héros de papier dans les romans d'espionnage écrits par Jean Bruce à partir de 1949, puis après sa mort en 1963 par sa femme Josette jusqu'en 1985. Il a été un précurseur des héros-espions puisqu'il a été inventé par son auteur avant James Bond, devenu bien plus célèbre grâce au cinéma.

Cette série de plus de 200 titres fait partie de ce qu'on appelle la paralittérature, ou littérature de gare, littérature sérielle ancêtre de la culture des séries que l'on consomme abondamment aujourd'hui mais sur des écrans.

L'autrice, docteur ès lettres en Histoire contemporaine à l'université de Fribourg, décortique la série en la replaçant dans son contexte historique mondial, et en particulier la période de guerre froide, mais aussi française avec la décolonisation, ou la perte d'influence du pays sur la scène internationale après guerre.
En s'appuyant sur un corpus important, de solides connaissances historiques, et tous les outils d'analyse littéraire qu'elle maîtrise (étude du dispositif narratif, analyse quantitative des lieux ou personnages, analyse qualitative, et même recherche du non-dit) l'autrice identifie les raisons du succès populaire d'une telle série, malgré (ou grâce à) de nombreux stéréotypes et des scénarios très répétitifs et manichéens, et elle analyse les causes du déclin progressif de ce genre littéraire.
En amateur de la littérature sérielle de cette période, policière ou d'espionnage, j'avais déjà lu quelques titres d'OSS 117. Grâce à cet essai complet, même si parfois un peu répétitif, je lirai les prochains de manière différente.

Voici un livre jeu illustré qui permet de se plonger dans la vie du père de la 1ère bombe atomique. L'histoire se présente sous forme d'aller-retours entre les essais du premier prototype et l'initiation du projet Manhattan ou le passé d'Oppenheimer. Il permet de réaliser le défi humain et scientifique qu'a représenté cette invention qui mettrait fin à la 2nde guerre mondiale mais changerait la face et l'équilibre du monde à jamais.
La lecture est conditionnée par la résolution d'énigmes de logique plus ou moins simples, des indices en fin de livre permettent de débloquer les plus ardues même si c'est parfois frustrant de ne pas trouver par soi-même.

J'achète chaque année le prix du quai des Orfèvres, c'est parfois l'occasion de découvrir un auteur de polar et d'en lire d'autres livres, tels ceux de [a:Sylvain Forge 13463513 Sylvain Forge https://s.gr-assets.com/assets/nophoto/user/u_50x66-632230dc9882b4352d753eedf9396530.png].D'une année à l'autre la qualité est très inégale, et pour cet opus, au vue des critiques déjà publiées, j'avais très peur. Au final c'est pas si pire que ça, mais pas bon non plus : intrigue peu crédible et intéressante, personnages assez fades, style qui balance entre classicisme et mauvais argot ou langage de jeunes, avec des dialogues qui sonnent souvent faux.Espérons quand même un meilleur cru l'année prochaine

[a:Émile Zola 4750 Émile Zola https://images.gr-assets.com/authors/1544927603p2/4750.jpg] est né à Paris et y a vécu une grande partie de sa vie.C'est donc tout naturellement que nombre de ses écrits, aussi bien romans que textes journalistiques, ont pour cadre cette ville.Grand spécialiste de l'écrivain, Henri Miterrand nous présente ici un panorama complet de Paris entre 1860 et 1900, avec ses textes introductifs et contextuels, de très nombreux extraits des romans de Zola, le tout richement illustré de peintures d'artistes variés contemporains à Zola.Le tout donne un livre magnifique, autant à voir qu'à lire, sachant s'adresser à tous lecteurs amateurs de l'histoire de Paris, et donne envie de se replonger dans les oeuvres variées de Zola.

Alexis Fraisse, ancien ingénieur devenu militant EELV, nous propose ici un livre à charges sur notre frénésie de déplacements et l'utilisation associée de moyens de transports motorisés de moins en moins soutenables dans le monde actuel et les changements climatiques dont ils sont en partie responsables.

L'auteur utilise son bagage scientifique pour nous rappeler les lois physiques liant poids, vitesse, puissance et énergie, et montrer à quel point tous les véhicules terrestres, maritimes ou aériens motorisés sont énergivores et surdimensionnées par rapport aux besoins réel. Sa démonstration est claire et facile à comprendre.

Il ne nous propose pas de solutions miracles, mais rappelle que les 2 principaux axes seront la réduction de nos déplacements et l'utilisation de moyens de déplacements adaptés utilisant le plus possible les énergies les plus anciennes du monde : soleil, vent et force musculaire.
Évidemment son argumentaire ne plaira pas à tout le monde et ne convaincra sans doute pas les plus sceptiques et/ou réfractaires mais il a le mérite de faire réfléchir.

Dans un format dit à l'italienne (12.5*8.5), ce livre propose une série de questions/réponses sur Napoléon. Chaque réponse est très courte, quelques lignes, mais va à l'essentiel et permet de (re)voir les éléments clé de la vie et carrière de l'empereur français. Chaque page est joliment illustrée par un dessin en ombres chinoises. A la suite du quiz on trouve une chronologie succincte, quelques citations et des fiches sur les personnages ou objets les plus représentatifs de l'ère napoléonienne qui permet de parfaire ces révisions historiques, le tout de façon ludique. On peut aussi utiliser ce quiz sous forme de jeu pour évaluer les connaisseurs.

Grand fan de vélo, ma bibliothèque contient nombre d'ouvrages sur ce thème. Mais celui-là sort du lot : il est en effet entièrement consacré aux femmes, trop souvent oubliées dans ce genre de livres.
Vicky Carbonneau nous présente de nombreuses cyclistes professionnelles, en activité ou pas, françaises ou étrangères, de toutes disciplines, mais aussi des femmes entraineurs, manager d'équipe ou encore fabricante de cadres. Chaque portait mêle biographie, palmarès, photos et entretiens dans lesquels chacune explique comment elle est tombée dans le cyclisme, et bien sûr sa vision de la place des femmes dans ce sport encore très masculin, mais, et c'est ce que montre ce livre, qui évolue doucement mais sûrement.
Le tout dans une belle mise en page en couleur, richement illustrée, sur papier épais et sous une belle couverture reliée.

Voici donc le tome 2 d'une trilogie annoncée, il n'est pas nécessaire d'avoir lu le 1er tome (Matador) qui mettait déjà en scène la même enquêtrice atypique Plume Loison, les enquêtes étant suffisamment indépendantes.

Dans ce nouveau titre, l'affaire est située dans le gratin de la société, hautes sphères économiques et politiques, que l'auteur, journaliste indépendant, connaît bien pour avoir signé des essais sur le sujet.
3 de ces puissants, inspirés de personnages réels aux noms à peine modifiés - Bernard Arnaud de LVMH devient ainsi Bertrand Arnoud de MBLD - veulent se convertir, renoncer, en tout cas changer, mais ça ne plait pas à tout le monde, au point qu'on les retrouve séparés de leur tête dans des mises en scène macabres, dont une sa passe dans un bowling.

L'enquête est essentiellement basée sur les discussions avec les témoins, de longs flashback sur la vie des victimes et des extraits de leur journaux intimes. Elle comporte peu d'action, un peu d'humour, de nombreuses références artistiques, culturelles et littéraires, le tout menée par la commissaire Loison, qui s'appuie sur son intuition et ses rêves pour résoudre ses enquêtes. Son passé, dont une partie liée au 1er tome, finira par la rattraper, rendant la fin surprenante.

Au final un bon livre que j'ai apprécié, autant pour son côté polar que la peinture de moeurs des ultra-riches.

Pour cette agréable anthologie sur le Tour de France cycliste, Benoît Heimermann a sélectionné des textes auprès de journalistes, écrivains et autres essayistes qui ont avec plus ou moins de bonheur chroniqué ou raconté leur vision de cette course. Tous les textes n'ont pas la même qualité, j'ai retrouvé nombre d'auteurs connus, d'autres moins mais c'est toujours une bonne occasion de les découvrir. D'autant que le livre est complété par une belle bibliographie sur le thème.

Comme je n'ai pas lu le livre de [a:Laurent Binet 3465954 Laurent Binet https://images.gr-assets.com/authors/1342709342p2/3465954.jpg] dont est tiré cette BD je ne peux rien dire de la qualité ou des défauts de l'adaptation.L'histoire se passe au début des années 80, part d'un fait réel (l'accident qui a tué le sémiologue français [a:Roland Barthes 13084 Roland Barthes https://images.gr-assets.com/authors/1714695149p2/13084.jpg]) et brode un bon polar politico-culturel qui se termine aussi par un fait réel (la victoire de François Mitterand aux élections de Mai 1981). L'enquête prenante et bien construite est menée par un flic de droite un peu bourru, aidé d'un jeune enseignant-chercheur en linguistique. Elle se déroule en France, en Italie et même aux Etats-Unis où ils croisent de très nombreuses personnalités réelles des milieux politiques et culturelles. Il y a des meurtres, un attentat, certains perdent un doigt, une main, ou plus (pauvre Sollers). le MacGuffin est un texte de Roland Barthes, nommé la 7ème fonction du langage censée compléter les 6 fonctions décrites par [a:Roman Jakobson 39195709 ROMAN JAKOBSON ALEKSANDAR ILIC https://s.gr-assets.com/assets/nophoto/user/u_50x66-632230dc9882b4352d753eedf9396530.png] et avoir un super-pouvoir.La mise en image de [a:Olivier Perret 6456106 Olivier Perret https://s.gr-assets.com/assets/nophoto/user/u_50x66-632230dc9882b4352d753eedf9396530.png] est agréable, un trait un peu caricatural mais qui rend bien et est facile à lire. Bonne idée aussi de faire intervenir plusieurs fois les auteurs pour expliquer certains passages ou justifier les choix narratifs.Ne pas avoir lu le livre d'origine, ni même les textes de Barthes ou Jakobson ne m'a pas empêché d'apprécier cette BD que je recommande.

J'ai pris plaisir à lire ce recueil de souvenirs d'André Pousse, l'homme aux cinq vies selon le titre d'un documentaire télé qui lui avait été consacré il y a quelques années.

On retrouve donc dans ce livre, écrit avec cette langue directe mêlée d'argot qui faisait son charme, des anecdotes plutôt humoristiques sur sa vie de coureur cycliste sur piste, mais aussi de directeur de boîte de nuit, responsable de la programmation de music-hall, d'agent artistique et bien sûr sur sa carrière d'acteur où il a surtout joué les truands. On croise des célébrités du tout-Paris des années 50 à 80, pour beaucoup disparues, en particulier Edith Piaf qu'il a fréquentée pendant quelques mois.

Après une vie aussi remplie, à noter que même son décès, en 2005 semble rocambolesque : victime d'une sortie de route en voiture en voulant chasser une guêpe alors qu'il conduisait, il fait plusieurs tonneaux, mais s'en sort avec quelques blessures et rentre chez lui. 4 jours après il décéde à l'hôpital...

J'apprècie les romans policiers historiques, en particulier la série de Jean-François Parot et son héros Nicolas le floch, dont l'action se situe quelques années avant ce livre qui constitue le premier tome d'une série se passant en pleine révolution (1791).
La contrainte des romans historiques est de méler faits et personnages historiques réels avec des élements de fiction. L'équilibre est parfois difficile à trouver, et dans ce cas L Histoire prend le pas sur l'histoire : en partant de ce qui pourrait être un simple fait divers on finit avec un complot royal, comme si l'auteur voulait mettre en scène le plus possible de personnages historiques (Le roi, sa famille, LaFayette, Danton, Marat, Mirabeau, Olympe de Gouges, ...) au détriment de ses personnages de fiction.
De plus ces fameux personnages sont à mon avis très mal traités : beaucoup des personnages secondaires meurent au cours de l'histoire, ou disparaissent du récit, et j'ai trouvé le héros lui-même, Victor Dauterive, jeune (19 ans) membre de la nouvelle gendarmerie, carrément antipathique : souvent malpoli, naïf, violent, balloté par les événements qu'il subit sans toujours les comprendre, l'enquête semble surtout une succession de hasards.
Je ne lirai très certainement pas les tomes suivants.

Livre richement illustrée de photos narrant la traversant des Pyrénées en vélo par un trio d'amis.
Plus que le compte-rendu purement sportif, il s'agit surtout pour les auteurs de nous faire partager L Histoire et les histoires des Pyrénées, ainsi que des rencontres avec des figures locales (notamment Jean Lassale et François Bayrou).
On trouvera bien sûr des explications sur la préparation du périple et la description des étapes, ainsi que des liens vers des vidéos ou des sites complémentaires.
J'ai bien apprécié les photos et le récit cycliste, bien aimé certaines anecdotes, moins apprécié certains entretiens ou réflexions. Et enfin j'ai été un peu gêné par l'utilisation de QR-Code pour les liens (sans doute pratique quand on consulte livre dans sa forme papier, beaucoup moins quand on lit la version numérique). Et surtout le lien principal avec, en théorie, l'accès des infos pratiques et détaillées sur le parcours) ne fonctionne plus.

L'éditeur Petit à petit s'est fait une spécialité de docu-BD, un format hybride tenant du livre document illustré par des planches de BD, sur des sujets divers et variés (Histoire, société, biographie, sport, géographie).
Ici le sujet porte sur les phénomènes migratoires vers l'Europe et l'accueil des réfugiés et demandeurs d'asile.
Le sujet est porté par un groupe universitaire de recherches, Arreco.
La lecture est facilitée par une structure chronologique simple à suivre, allant de la décision du départ, aux difficultés en cours de route et aux démarches kafkaïenne une fois arrivé à destination. Les explications sont riches et nombreuses, très instructives tout en restant pédagogiques, issues des travaux du groupe de recherche. le livre, récent, intègre aussi le cas des réfugiés ukrainiens.
J'ai bien apprécié l'alternance des parties documentaires, illustrées, dans tous les sens du terme, par les parties BD, qui racontent 2 parcours de migrants différents, permettant d'en voir les points communs et les différences. le dessin, réalisé par 2 auteurs différents pour chaque histoire, est très lisible, avec un découpage en cases sage et classique, et une utilisation, très à la mode, de monochromie, sans grosses différences entre les 2 styles.
Une bonne lecture.

Jean-Marc Jancovici est ce qu'on peut appeler un influenceur climatique, très présent dans les médias ou sur les réseaux sociaux (c'est là que je l'ai découvert) , et sa parole fait de plus en plus écho et sens face aux événements actuels.

J'ai donc eu envie de lire cette BD, qui rencontre d'ailleurs un beau succès d'édition.
Commençons par le négatif qui m'a fait enlever une étoile sur ma note : certains argumentaires semblent biaisés et en particulier celui sur le nucléaire qui minimise au maximum les impacts de ce moyen de production, que ce soit en utilisation normale et surtout en cas d'accident, même si comme le rappelle l'auteur, ces accidents sont très rares.

J'ai quand même beaucoup apprécié l'essentiel du contenu, beaucoup d'informations qui permettent d'ouvrir les yeux et de mieux comprendre la relation qu'on entretient au quotidien avec l'énergie, notre totale dépendance, avec tous les impacts que cela peut avoir. L'ensemble fait peur (ou alerte pour être plus positif) et est plutôt pessimiste sur les solutions possibles. Je retiens en particulier le principe connu des petites marches.

Le tout est bien illustré par Christophe Blain, connu notamment pour ses albums Quai d'Orsay, qui propose un dessin assez épuré, presque sans décor, qui tend vers la caricature et la parodie, dans des pages ouvertes sans case, facile à lire.

J'ai eu envie de lire ce livre pour en savoir plus sur cet homme, très connu de l'Histoire de France et encore plus de celle des Etats-Unis, car il est un des personnages principaux dans une série de romans policiers historiques (les enquêtes de Victor Dauterive) que je viens de commencer.

Le but est atteint avec ce livre, très court car comme le nom de l'éditeur l'indique il peut être lu en 50 minutes. Il contient donc les infos essentielles, biographiques et historiques, et ressemble un peu à un article d'une encyclopédie à l'ancienne. Si on veut vraiment approfondir le sujet il faudra partir sur une biographie plus complète, mais assez rare.

Les éditions Mareuil viennent de rééditer les mémoires de Jean-Paul Ollivier, parues initialement en 2011, et légèrement mises à jour. Pour les moins jeunes Jean-Paul Ollivier a été une voix journalistique incontournable du cyclisme en général et du Tour de France en particulier.
Le livre s'intitule Paulo la science, surnom donné au journaliste en raison d'une mémoire encyclopédique sur les cyclistes, de leur biographie à leur résultats détaillés, et sur les courses. le sous-titre “Mémoires”, peut se comprendre au sens d'autobiographie, puisqu'il s'agit bien de cela, mais aussi mémoire des coureurs.
Dans les premiers chapitres JP Ollivier revient sur sa jeunesse bretonne, à Concarneau, ses premiers pas journalistiques à RFI Djibouti dans le cadre de son service militaire, jusqu'à son entrée au service des sports d'Antenne2 où il fera ensuite toute sa carrière, tout en écrivant moult livres sur le sport et le cyclisme en particulier. C'est d'ailleurs l'essentiel de la suite du livre où il revient plus ou moins longuement sur ses légendes cyclistes et les relations qu'il a pu entretenir avec eux, ainsi qu'avec ses confrères ou quelques hommes politiques.
Pas de scoop ou d'inédits, surtout des rappels sur des champions d'antan, qui rappelleront des souvenirs aux moins jeunes, dans un français soutenu. L'occasion aussi de voir à quel point cet homme a sur créer et entretenir de solides relations d'amitié avec ceux qu'il a côtoyés.

Après nous avoir rappelé ce qu'est l'énergie, à quoi elle sert, comment on la produit et combien et pourquoi on en consomme, ce livre nous présente les inconvénients et dangers des différentes productions, et explique aussi les liens entre énergie, polution mais aussi économie. Il essaye enfin d'analyser et d'explorer les pistes et les possibles scénarios de la fameuse transition énergétique, c'est à dire les leviers d'actions pour à la fois moins polluer, et donc limiter le réchaufemment climatique lié, mais aussi préparer la pénurie prévisible des ressources fossiles comme le pétrole et le gaz. Tout cela dans un monde fini (au sens non extensible, une seule planète) où la population, et donc les besoins, ne cessent de croître.
L'auteur s'appuie sur ses connaissances et son expertise technique pour nous rappeler que toutes les solutions envisagées ne peuvent outrepasser les lois de la physique, qui sont rappelées ici. de nombreuses données et références sont fournies qui permettent d'étayer son propos, et de comprendre les problèmes et limites du système actuel et des possibles évolutions.
Ce livre est pessimiste, mais comme le reconnait l'auteur “il me paraît important de l'être, car on est moins déçu quand on s'attend au pire.”. Donc pas de solutions ou de scénarions miracles ici, simplement le constat que cette transision énergétique se fera probablement au détriment de nos modes de vies actuelles très énergivores.
Je recommande ce livre très factuel et instructif.

Par rapport aux trois titres existants pour la traduction, Trois hommes sur un vélo est sans doute le moins bien approprié. On retrouve bien en effet 3 hommes, anglais, les mêmes héros que dans Trois hommes dans un bateau du même auteur (et bien plus connu), qui décident de s'offrir une “balade”, sans leurs femmes, en Allemagne. Ils font bien sûr du vélo, ce qui donne lieu à quelques réflexions amusantes sur le sujet, mais il voyagent aussi en train, en bateau ou en calèche.
Ce récit humoristique est surtout l'occasion de comparer et souvent de se moquer des moeurs et usages anglais et allemand au tout début du XXème siècle. Pas désagréable même si c'est forcément daté.