Etrange oeuvre que ce premier roman de Patrice Salsa.
Ce qui frappe tout de suite, c'est sa structure, déroutante. L'auteur a fait le choix de construire son récit avec une succession de scènes courtes qui nous permettent de suivre le garçon du titre (et ses proches) mais sans souci de chronologie. Tour à tour garçonnet et adolescent, on navigue d'un âge à l'autre pour découvrir un garçon brillant mais étrange.
L'histoire est étrange, elle aussi. Patrice Salsa nous parle de quête des origines à travers un personnage d'enfant-adolescent inquiétant derrière un masque charmant. J'ai toujours eu un faible pour les personnages complexes, à l'intelligence froide. Celui-ci n'échappe pas à la règle.
C'est un roman très court : moins de cent pages, en petit format. Il se lit très vite, d'autant que le style est agréable. Je crois que je vais suivre avec attention les prochains romans de Patrice Salsa, en espérant qu'ils soient aussi réussis que celui-ci.
David von Grafenberg signe avec « Surveillant » un roman de grande qualité. Surveillant dans un collège, l'auteur nous fait partager son expérience.
Le récit suit l'année scolaire, chaque chapitre permettant à l'auteur de nous parler d'un élève en particulier et parfois de disserter sur un sujet de fond : la violence, la solitude, la mort, la drogue, les relations parents-enfants, les jeux vidéos, la sexualité, l'homophobie, etc.
On n'échappe pas à quelques stéréotypes, à tel point que j'ai parfois eu du mal à savoir où se situait la frontière entre la fiction et l'autobiographie, mais l'essentiel n'est pas là. L'auteur nous livre avant tout un regard original sur une génération, réaliste sur l'évolution des mœurs mais loin des livres souvent déprimants que j'ai déjà lus sur l'enseignement et l'école.
C'est aussi un livre qui déborde de tendresse pour ces enfants-adolescents et c'est ce que j'en retiens. J'ai été réellement ému par certains récits et quelques phrases fortes résonnent encore, longtemps après les avoir lues. Cela m'a presque donné envie de réaliser mon vieux rêve d'enseigner.
L'Empereur-Dieu de Dune n'est pas le volume le plus facile d'accès mais c'est peut-être le plus beau, dans ce cycle de Frank Herbert. Leto II, fils de Paul Atreides et de Chani, a sacrifié sa vie pour préserver l'avenir de l'humanité. Trois mille cinq cent plus tard, son corps est transformé : plus ver des sables qu'humain, il règne sans partage sur son empire. Plus tout à fait humain, le Tyran va pourtant connaître l'amour avant de disparaître, non sans avoir laissé un dernier héritage à l'humanité.
“Michael Tolliver est vivant” est le septième et dernier volume des Chroniques de San Francisco d'Armistead Maupin. L'auteur américain met un point final à une saga qui m'avait enchanté lorsque je l'avais découverte il y a quelques années. Après les aventures de Mary-Ann, Michael, Mona, Brian et leur logeuse Anna Madrigal dans le San Francisco des années 70 et 80, ce dernier volume s'attache particulièrement à Michael (“Mouse”), désormais quinquagénaire, tiraillé entre sa famille biologique en Floride et sa famille de cœur (sa famille “logique”) à San Francisco. Si l'histoire elle-même est sans surprise et n'est guère passionnante, j'ai retrouvé avec une certaine émotion mon personnage préféré, Mouse. Le temps passe, les personnages changent ou disparaissent, l'humour et l'émotion restent. Une jolie suite pour une série mémorable.
Je ne connaissais pas Daniel Arsand avant de découvrir ce roman : Des amants. Le titre m'a intrigué et la quatrième de couverture m'a convaincu :
Ne nous quittons jamais. Nous ne nous quitterons jamais. Comme dans une chanson qui a sans doute déjà été écrite. Une chanson de rien.
Rien. Un mot qu'affectionne Sébastien.
Rien. Un mot que Balthazar prononce très peu souvent. Le temps n'en est pas encore venu. Mais cela viendra, comme le reste. Et c'est, ce sera quoi, le reste ? Et le reste de quoi ?
Rien. Pas vraiment, se dit Sébastien. Il y a Balthazar. Et il y a l'amour.
Des amants est un magnifique chant d'amour et d'humanité. A travers l'histoire incandescente de Balthazar et Sébastien, il dénonce l'intolérance de la société, d'hier et d'aujourd'hui.
Un homme accidentel est le neuvième roman de Philippe Besson, un auteur que je suis fidèlement depuis la sortie de [b:En l'absence des hommes 477039 En l'absence des hommes Philippe Besson https://images.gr-assets.com/books/1373526336s/477039.jpg 465271], peut-être mon livre préféré tous auteurs confondus.La quatrième de couverture ne révèle pas grand chose de l'histoire :Nous n'aurions jamais dû nous rencontrer. Seulemement voilà, le hasard nous a mis en présence. Si on veut bien considérer que la découverte d'un cadavre sur les pelouses impeccables de Beverly Hills est un hasard.Deux êtres que tout sépare se trouvent brutalement réunis par la mort d'un inconnu. Aussitôt, entre ces deux-là, surgit, sans qu'ils s'y attendent et sans qu'ils puissent s'y opposer, un sentiment violent. Un sentiment qui va les arracher à la solitude et au mensonge.A Los Angeles, ville mythique et dangereuse, une intrigue criminelle peut quelquefois devenir une intrigue amoureuse.Le narrateur est un jeune flic de Los Angeles, heureux en couple avec une charmante épouse qui va bientôt lui donner un enfant. Lors d'une enquête sur la mort d'un prostitué retrouvé mort dans les beaux quartiers, il rencontre Jack Bell, un acteur qui fait la une des journaux après plusieurs succès au grand écran. Entre le jeune premier et le flic consciencieux mais sans envergure, l'improbable se produit : c'est le coup de foudre et le début d'une relation clandestine qui va les mener au fond de l'abysse. Mais avant la chute, il y aura un amour intense, des moments inoubliables de complicité et de bonheur.Je ne révélerai pas ici tous les détails de l'intrigue, je préfère laisser le plaisir de la découverte aux futurs lecteurs. Je me contenterai de dire que l'enquête criminelle et l'histoire d'amour s'entremêlent parfaitement dans un récit sans surprise mais passionnant.Tous les romans de Philippe Besson parlent d'une façon ou d'une autre de la mort ou de l'absence, celui-ci ne fait exception. C'est aussi un livre sur le hasard, sur le coup de foudre, sur une rencontre improbable donnant vie à un sentiment qui dépasse tout. Qu'importe, peut-être, qu'il s'agisse de deux garçons, c'est une histoire universelle sur une vie qui bascule quand elle en croise une autre. J'ai lu une critique dans la presse qui disait que ce n'est pas un roman sur un homme qui découvre son homosexualité et je partage ce point de vue. C'est une histoire d'amour, peut-être l'une des plus belles jamais écrites.Ce roman m'a touché comme peu de livres l'ont fait. La dernière fois, c'était peut-être En l'absence des hommes : c'est dire si Un homme accidentel m'a marqué. Philippe Besson a le don de m'émouvoir. Chacun de ses romans éveille quelque chose en moi. Cette fois-ci, c'est très fort. S'il y a une semaine on m'avait demandé de choisir un seul roman de Philippe Besson, j'aurais choisi En l'absence des hommes sans hésiter. Aujourd'hui, j'aurais du mal à choisir.Nous n'avions pas fini de nous aimer. Non, pas fini de nous aimer. Tout nous a été retiré trop vite. Il nous restait tant à faire. Une vie entière, peut-être. Un amour total, pourquoi ça s'arrêterait ?J'essaie d'apprendre à vivre sans lui. Chaque jour, j'essaie. Je vous jure que j'essaie. Je n'y arrive pas.
Pavillon noir est le deuxième roman de Thibaut de Saint-Pol, un jeune écrivain français dont j'avais beaucoup aimé le premier roman N'oubliez pas de vivre.
J'ai eu du mal à entrer dans ce livre. J'ai lu laborieusement les cent premières pages, à un rythme inhabituellement lent pour moi. Le matin et le soir dans les transports en commun, je choisissais souvent écouter de la musique sur mon iPod plutôt que de sortir ce livre pour avancer dans sa lecture. Il est resté ainsi pendant presque trois semaines sans sortir de mon sac.
Je l'ai finalement ressorti et quelques pages plus tard, c'était le déclic : j'ai dévoré la suite toute la semaine, passionné par ce que lisais. Je ne sais pas si c'est mon humeur qui était différente et propice à la lecture ou si l'histoire est devenue intéressante à ce moment précis du récit, mais l'effet est impressionnant.
C'est un très beau roman sur le piratage informatique et sur la folie. Le personnage principal est attachant et la fin recèle quelques surprises, ce que j'apprécie toujours dans un roman.
C'est le deuxième roman de Thibaut de Saint-Pol et il me plait autant que le premier. Je crois que je vais suivre de près les prochaines publications de cet auteur prometteur, comme je l'avais fait il y a quelque années pour Philippe Besson (même si les deux premiers romans de Thibaut de Saint-Pol m'ont tout de même moins marqué que l'avait fait En l'absence des hommes à l'époque).
N'oubliez pas de vivre est un roman publié en 2004 chez Albin Michel. J'ai découvert son auteur, Thibaut de Saint-Pol, grâce à un billet de blog concernant son dernier roman, Pavillon Noir.
La quatrième de couverture présente très bien le livre :
L'enfer des prépas. Travailler, exceller jusqu'à « oublier de vivre ». Apprendre à tout connaître et ne plus rien savoir. De soi ni des autres.
Pensionnaire pendant ses deux années d'hypokhâgne et de khâgne dans un lycée de la banlieue parisienne, un jeune homme découvre avec stupéfaction les rouages d'un monde à part. Comme un enfant pris au piège, il cherche secrètement à rompre l'isolement. Un mot, un geste, un regard échangé avec Quentin, et c'est le début d'une amitié inavouable. Dans les couloirs des classes préparatoires, là où se forme l'élite de la nation, la souffrance est silencieuse.
Un premier roman d'apprentissage, d'angoisse et de douleur, qui révèle le talent et le style remarquables d'un nouvel auteur.
Un instant d'abandon est le sixième roman de Philippe Besson, révélé par le surprenant et excellent En l'absence des hommes.
Dans ce roman dont l'action se déroule dans une petite ville de la côte anglaise, Philippe Besson nous plonge dans une histoire tragique qui sert de cadre à des réflexions fines et justes sur le couple, la solitude, la culpabilité, et le regard des autres. L'histoire est assez originale, mais le narrateur est à la fois très éloigné et très proche du lecteur : éloigné par son passé, mais proche par ses préoccupations, au point qu'on peut réellement s'identifier à lui.
C'est très bien écrit, ça se lit très vite. C'est un roman captivant composé de chapitres courts qui font avancer le récit tout en apportant des pensées sur des sujets plus généraux. Je me suis surpris à m'arrêter sur certaines phrases, à les relire, et à me dire « c'est très vrai ce qu'il dit, c'est exactement ce que je ressens parfois ».
Un roman vraiment très bon que je vous recommande donc chaudement.
Le quatrième tome de la saga A Song of Ice and Fire n'est pas mon préféré, sans doute parce qu'il ne suit que la moitié des personnages, et que ce ne sont pas forcément mes préférés. On note également un dispersement des intrigues et un ralentissement du rythme. Cela reste tout de même de l'excellente fantasy, bien au-dessus de la moyenne.
Je garde peu de souvenirs de ce roman de Philippe Besson, auteur de plusieurs de mes romans préférés. Je me souviens seulement que c'était bien écrit, délicat, mais que je n'étais pas été passionné, peut-être parce que je me sentais plus éloigné des personnages que j'en ai l'habitude dans l'oeuvre de cet auteur talentueux.
Autant le dire tout de suite, je ne suis pas objectif quand je parle de ce livre. Je le place dans la catégorie des chefs d'oeuvre, tant il m'a touché dès la première lecture. Philippe Besson a frappé un grand coup avec son premier roman et a fait de moi depuis un lecteur fidèle de ses publications.
Que dire de ce livre ? C'est le double récit, à Paris en 1916, d'un adolescent de seize ans qui découvre l'amour dans les bras d'un jeune soldat de vingt ans et de son amitié étonnante avec Marcel Proust.
Cette histoire est celle d'Arthur Valès et Vincent de L'Etoile. C'est l'histoire que je raconte. Si quelqu'un, un jour, tombe sur mes cahiers, qu'il n'ait pas de doute puisque tout cela est la vérité, qu'il n'ait pas de honte puisque nous n'en avons pas, qu'il livre nos noms à la postérité plutôt que d'avoir le réflexe de les dissimuler aux regards, qu'il ait conscience qu'il s'agit bien d'une histoire d'amour et pas d'une exaltation passagère et non maîtrisée puisque nous savons ce que nous faisons. Cette histoire est celle d'Arthur Valès et Vincent de L'Etoile. C'est l'histoire que je raconte
Faut-il avoir vécu la mort de l'être aimé pour être touché par cette histoire comme je l'ai été ? Je l'ignore. Je connais les raisons qui me font apprécier ce roman, mais chacun y trouvera évidemment quelque chose de différent. J'en retiens ce passage, que je redoute à chacune de mes lectures :
Marcel,Il est mort.Il est mort et moi, je ne suis déjà plus vivant.Vincent."
Le deuxième tome de la célébrissime saga Harry Potter, qu'on ne présente plus. Je sais que celui-ci a ses détracteurs, mais j'aime beaucoup ce tome, peut-être parce que c'est le premier où la noirceur des derniers tomes commence à faire son apparition, avec ce thème du racisme et de l'intolérance en toile de fond.