Un magnifique roman, qui ne paye pas de mine au début avec le récit de la vie d'habitants ordinaires de Berlin en 1940, sauf que leur vie ne peut être ordinaire à cette période. Un récit très fort sur l'Allemagne vue de l'intérieur pendant la Seconde Guerre Mondiale, avec une galerie de personnages plus ou moins attachants, et une plongée dans la résistance anonyme.
Troisième et donc dernier volume de la trilogie qui aura occupé le début de mes vacances au soleil, cet épisode reste dans la lignée des deux premiers, si je peux me permettre ce jeu de mots. Ca se lit bien, ça se lit vite, c'est une bonne saga sur les vampires et leur influence supposée sur notre monde contemporain.
Je ne vais pas ressortir le cliché du “mythe du vampire revisité”, mais l'approche quasi-scientifique des vampires dans ce premier volume d'une trilogie m'a bien plu. Ca se lit bien, comme le scénario d'un film, et ce n'est pas étonnant quand on sait que c'est co-écrit par le réalisateur Guillermo Del Toro est que le roman a été adapté en série TV récemment.
Quel contraste avec ce troisième volume de la saga de Gene Wolfe : j'ai adoré la première partie et j'ai eu beaucoup de mal avec la suite. J'ai continué, parce qu'il serait dommage de s'arrêter maintenant sans découvrir la suite et fin de la saga dans le prochain volume. Mais j'ai encore du mal à comprendre pourquoi cette saga est si appréciée.
Entre deux volumes de la saga “The Book of the New Sun” de Gene Wolfe, je me suis accordé une brève parenthèse avec un court roman d'Arnaud Cathrine qui trainait sur mon bureau depuis quelques jours. Le récit de “Mon Démon s'appelle Martin” tient en 94 pages que j'ai dévorées en une soirée et est résumé ainsi en quatrième de couverture :
Damien fait des choses bizarres. Le dernier jour de la colo, il insiste pour faire un pacte de sang avec Arthur, alors qu'à priori, Arthur est un ami qui ne vaut pas un clou. Quand on fait des choses bizarres, en général, il y a une raison. Cela fait juste un an que Martin est mort. Il était le meilleur ami de Damien. Un an, c'est beaucoup. Les parents de Damien pensent que c'est suffisant pour oublier un peu, pour ne plus y penser. Mais ils se trompent, Damien n'oublie pas du tout. Pas une minute, pas une seconde. Il n'arrive pas à oublier Martin, l'absence de Martin, le fait que Martin soit mort. Surtout, Damien n'arrive à oublier ni sa propre douleur ni son propre sort.
Martin, je sais que tu m'entends.
Cette fois, c'est moi qui vais cogner.
Tu vois ce qui se passe ici ?
Mon amoureuse sort avec un plombier et mon ex-futur meilleur ami m'a lâché.
Ca non, je ne suis pas fier. Parce que c'est moi le problème, j'ai bien compris.
D'abord, il faut que je te dise une chose. Un meilleur ami, ça ne s'invente pas. Il y a très peu de meilleurs amis sur terre.
Alors dis-toi bien que je ne t'ai pas remplacé.
Pourquoi tu t'es jeté sous le camion ? Personne ne veut m'expliquer. Et puis, après l'enterrement n'était même pas passé que tes parents avaient déjà quitté le quartier. On ne les a jamais revus.
En vrai, je ne comprends pas. Avec moi, tu souriais toujours. Papa prétend que je n'ai pas d'humour mais toi, je te faisais rire. Alors fous-toi bien ça dans le crâne : tu n'avais aucune raison de faire ça.
Pourquoi je te dis ça ? Ca sert à rien, je sais. Mais ce soir, j'ai besoin de te dire quelque chose. Même n'importe quoi. Te dire que je t'en veux d'avoir fait ça. Te dire que je te comprends sans te comprendre. Te dire que je suis perdu.
Tu devais avoir des secrets, du silence qui pesait. Mais tu es parti avec. Sans rien dire.
En attendant, il faut trouver une solution, Martin. Me concernant, je veux dire. Parce que si tout le monde me fuit, c'est qu'y a une raison. Je crois que la raison, c'est toi.
Je dois pas me comporter comme un garçon normal, plein de vie. Je dois leur foutre les jetons à tous. Je dois avoir ton grand plongeon encastré sur le visage.
C'est pour ça que Juliette est partie avec Augustin. On peut pas aimer un type sinistre et geignard comme moi.
Et c'est pour ça aussi qu'Arthur s'est tiré sans moi ce soir.
Il faut que tu me délivres, Martin. Il faut que tu me laisses continuer seul. Que tu me laisses vivre avec ceux qui sont restés.
Tu es mon meilleur ami quand même, tu sais.
Je resterai, quoiqu'il arrive, le roi du quand même.
Plus animé et rythmé mais aussi atypique que le premier volume. Peut-être moins difficile d'accès, j'ai en tout cas pris plus de plaisir à lire ce deuxième volume. Certains mystères commencent à être révélés et promettent des révélations plus importantes encore. J'espère malgré tout que tout cela en vaut la peine.
Un livre difficile d'accès, qui nécessite du temps pour vraiment entrer dedans. Si les critiques n'étaient pas aussi bonnes, je n'aurais peut-être pas eu la motivation de poursuivre jusqu'au bout. La fin de ce premier tome est meilleure que le début, mais j'attends tout de même mieux des prochains volumes, au vu des critiques dithyrambiques que j'ai lues ici concernant cette saga.
Critique originale suite à ma 1ère lecture en 2014 :
“Histoire de l'Allemagne, des origines à nos jours” : le titre donne tout de suite le ton ; ce livre est une oeuvre ambitieuse, qui propose de retracer l'histoire de la nation allemande depuis ses origines jusqu'à aujourd'hui, ou plus précisément jusqu'en 1999, date de la publication de ce livre, moins de dix ans après la réunification allemande.
Ce livre est passionnant pour quelqu'un comme moi dont le coeur est à moitié allemand et de surcroit passionné par l'Histoire. Le premier atout de ce livre, c'est que contrairement à bien d'autres livres sur l'Histoire allemande, il ne consacre pas un tiers de ses pages à Bismarck, un autre tiers à Hitler et au Troisième Reich, et le troisième tiers au Mur de Berlin et à la séparation entre la RFA et la RDA. L'ampleur de ce livre est bien plus grande, plus ambitieuse. Pour donner une idée, je peux me contenter de dire que Bismarck n'est évoqué qu'à partir du seizième chapitre, après plus de 500 pages sur les 950 que comptent le livre.
Avant cela, nous avons le droit au récit - passionnant - de la constitution de la nation allemande, à la destinée des premiers empereurs, à la Réforme de Luther et à la guerre de religions qui a ensuite dévasté l'Allemagne et réduit sa population de moitié, au règne de Frédéric le Grand, aux conséquences de la Révolution Française sur l'Allemagne. Ensuite, seulement, après tous ces épisodes aussi importants et constitutifs de la nation allemande que les suivants, nous suivons l'avènement du nouvel Empire allemand inspiré par Bismarck, la Première Guerre Mondiale, la République de Weimar, l'arrivée au pouvoir d'Adolf Hitler, la tragédie du Troisième Reich et de la Seconde Guerre Mondiale, le “partage” de l'Allemagne vaincue entre les anciens Alliés occidentaux et soviétiques, et enfin la chute du Mur de Berlin et la réunification.
Tout n'est pas parfait dans ce livre, mais la perfection est certainement impossible pour une oeuvre de cette ambition et de cette ampleur. Dans la dernière partie du livre, sur la seconde partie du XXème siècle, l'auteur amène son propos vers un moralisme catholique et un anti-communisme (voire un anti-gauchisme) quasiment primaire qui m'ont gênés. Cela n'enlève cependant rien à l'intérêt immense de ce livre, que je recommande à tous ceux qui s'intéressent à l'Histoire en général, et en particulier à celle de l'Allemagne.
Compléments suite à ma 2ème lecture en 2020 :
Si je ne remets pas en cause la qualité et l'intérêt de ce livre qui parcourt toute l'histoire de l'Allemagne, des origines à nos jours, je dois dire que les quelques défauts qui m'avaient gêné lors de ma première lecture m'ont sauté au yeux cette fois-ci, au point de rendre déplaisante la lecture de certaines parties. Je n'aime pas quand un historien porte des jugements de valeur, je considère que ce n'est pas son rôle, d'autant moins quand il le fait sur la base d'une idéologie personnelle.
C'est criant dans le cas précis. Entre cette glorification de l'histoire par les grands hommes, ce mépris pour l'analyse matérialiste et marxiste de l'histoire, la critique du roi de Prusse Frédéric-le-Grand, présenté comme le mal incarné et prédécesseur nihiliste du nazisme, face à la gentille et merveilleuse Marie-Thérèse d'Autriche, sans oublier les gentils Alliés démocrates occidentaux face aux méchants soviétiques totalitaires, j'ai été agacé par les partis pris trop présents, et parfois injustifiés, de l'auteur, qui exprime à mon goût trop ses opinions personnelles, voire ses goûts, dans un ouvrage qui devrait au contraire être objectif.
J'ai décidé de maintenir ma note initiale à 4 étoiles, mais je dois avouer que cette deuxième lecture a été un peu gâchée par les éléments dont je viens de parler et que j'ai ainsi hésité à abaisser ma note à 3 étoiles.
Il arrive souvent qu'un roman soit basé sur une très bonne idée originale. Il est plus rare que cette idée soit bien exploitée et que le résultat soit à la hauteur de l'espoir donné par l'idée de départ. Avec ce roman, c'est le cas : l'histoire est excellente et se lit avec un grand plaisir, et une certain émotion.
De la science-fiction française, plutôt bien écrite. Il s'agit du premier tome d'une trilogie, ça se laisse lire sans problème. L'écriture est plutôt agréable, même si parfois j'ai eu l'impression que l'auteur voulait faire trop littéraire avec des formules qui sonnaient faux. Cela reste tout de même au-dessus de beaucoup de romans de SF récents. Je lirai la suite avec plaisir.