
Très bonne et profonde réflexion sur l'état actuel du monde médiatique mais aussi sur notre rapport avec celui-ci. Critique de pas mal des règles d'or du journalisme ou de la façon dont on l'aperçoit, le comprends et l'interprète. Belle leçon de relativité face à “l'information” et aux défis qui se posent si l'on veut vraiment retrouver une vraie idéologie de la communication.
Un livre intéressant en soit pour la réflexion qu'il porte sur le monde actuel, à travers la reconstruction du réel, la déconstruction des groupes sociaux au profit de l'individu et l'influence grandissante du storytelling et du transhumanisme. Malheureusement le livre se perd ensuite en conjonctures dignes de Matrix et autres qui, bien que se basant sur quelques éléments réels et vérifiées, ou prenant de plus en plus place dans le monde actuel, semblent quand même fort fantasmés. Reste que le matériel de base pose une réflexion intéressante sur la déconstruction de la société humaine, de sa cohésion et de la mise en pièce de son organisation et unité.
“Il y a mille façons de parler aux morts. Il fallait la folie d'une petite de quatre ans et demi pour comprendre que nous avions peut-être moins à leur parler qu'à les entendre, et qu'ils n'avaient qu'une seule chose à nous dire : vivez encore, toujours, vivez de plus en plus, surtout ne vous faites pas de mal et ne perdez pas le rire.”
Un magnifique adieu à une amie, amante et confidente, d'une rare poésie, tout en douceur, sans tomber dans la tristesse. Un adieu humble, plein de respect, un souvenir plein de rires et de joie alors que l'autre s'en va vers l'au-delà. Un bel hommage à une femme qui aura animé l'auteur d'une joie de vivre peu commune, d'une admiration sans borne pour la vie et ses merveilles, tel une muse. Une injonction à vivre, et vivre encore, plus fort, malgré la mort.
“Nous n'habitons pas des régions. Nous n'habitons pas la terre. Le coeur de ceux que nous aimons est notre vraie demeure.”
“Chaque parcelle du monde porte tes couleurs et me parle de toi. Je veux respirer plus fort pour te sentir, voir plus loin pour te reconnaître parmi la foule, tendre l'oreille pour deviner ta voix parmi les bruits de la ville.”
Cela faisait longtemps, très longtemps qu'un roman ne m'avait pas fait éclater en pleurs, fait ressentir une telle tristesse, la douleur de l'absence. Ce livre est le plus beau témoignage d'amour que je n'ai jamais lu, magnifique, touchant, d'un style splendide qui vous prends aux tripes et déchaine un torrent de larmes que l'on ne peut contenir.
C'est très dur de résumer une impression autant ce livre est poignant, ni de réussir à transmettre à quel point il m'a bouleversé, retourné. Mes yeux se sont embués au rythme des pages devant cette douleur si profonde si forte qu'est la perte de l'être aimé. A ceux qui pensent que deux hommes ne peuvent s'aimer, ce livre est la preuve la plus magnifique qui puisse exister.
“Où que tu sois, ailleurs ou nulle part, tu vibres à jamais en moi, cours dans mon sang, palpites dans mes veines. Tu t'écoules en moi comme l'eau de pluie ravine, lente et délicieuse, une terre asséchée. Je te porterai haut tant qu'un peu d'air me gonflera la poitrine. Je ne serai plus jamais moi, je suis nous.”
Conclusion de la trilogie K-Paxienne magnifique, toute en beauté, on joue encore sur l'ambiguité avec le personnage de Prot/Robert pour un adieu en douceur, bourré d'intrigues, de réflexions passionnantes. Vraiment triste que la suite de K-Pax n'ait jamais été traduite car cette trilogie vaut vraiment le détour et est, à mes yeux, de la très très bonne science fiction. A dévorer !
“Recycling is like putting a Band-Aid on a tumor, doc. And where are you going to plant a tree when there's no place left to plant it?”
Un deuxième volume dévoré d'une traite (dommage qu'il n'ait jamais été traduit d'ailleurs), tout aussi palpitant que le premier (ce qui est rare et à signaler donc), qui nous ramène Prot alors que Robert était plongé dans un état catatonique complet. Les séances défilent tandis que les mystères de la vie de Robert se délient, et que l'intrigue K-Pax s'approfondit. Le livre continue à osciller entre les deux choix possibles sans jamais vraiment donner de solution, laissant subsister un doute profond.
Les discussions entre Gene (le psychiatre) et Prot/Robert sont extrêmement intéressantes, souvent drôles, parfois sarcastiques, et posent un regard acéré sur la nature humaine et notre façon d'évoluer dans ce monde, mais le tout sans violence, d'un regard pleinement objectif et profond. Un second volume à dévorer, je file du coup m'atteler au troisième.
“Human society will always have a drug problem unless life without drugs becomes a more attractive prospect for those concerned.”
“Schools are not for teaching anything. They exist solely to pass on society's beliefs and values to its children.”
Second roman de Sacha Sperling, très différent du premier sur bien des points, et sans doute d'une approche plus difficile. On a l'impression de soudainement se retrouver à l'intérieur d'une chanson de Gainsbourg tant le livre semble rythmé par une musique invisible qui anime l'histoire toute entière. On suit de nouveaux adolescents, un peu perdu dans un monde trop vaste, ne sachant pas trop quoi faire de leur vie (ses deux livres me rappellent un peu Larry Clark pour ce côté perdu d'ailleurs), se retrouvant, se distançant, courant après des mirages. Un roman intéressant, très différent du premier, il ne faut donc pas s'attendre à y retrouver le même style, loin de là.
Cette nuit j'ai rêvé de vols. De longs vols à travers la nuit, impitoyable, profonde, une inconnue contre laquelle les hommes se battent. Ce roman fait vivre quelques instants ces vols, dans le cockpit de ces pilotes de nuit, luttant contre l'obscurité avec virtuosité, peur, courage, tandis qu'à terre d'autres tentent de se battre pour qu'ils arrivent à bon port. Le personnage du directeur est dur à comprendre, tout centré sur sa tâche, conscient qu'il accomplit quelque chose allant “au delà” de ses pilotes, mais l'on finit par le comprendre même si l'on n'est pas en accord avec toutes ses décisions. Un beau texte, qui vous fera vibrer à travers les vents de nuits et les étoiles...
La mort d'un frère, touchante, bouleversante, emporté trop tôt par une maladie incompréhensible et injuste. Comme à chaque fois, Philippe Besson m'émeut, me retourne les tripes, m'amène les larmes aux yeux à travers des phrases-joyaux. Comme à chaque fois, impossible de lâcher le roman, où l'on se raccroche jusqu'à la fin, en espérant chasser l'indicible, retarder le point final, empêcher le drame, mais rien n'y fait. Une écriture magnifique, un roman touchant, remuant, qui hante.
Une fiction sur la guerre 40-45 destinée au plus jeunes. Si l'histoire est assez efficace, on peut cependant lui reprocher quelques illogismes quant à la psychologie du personnage principal, qui à 9 ans a l'air d'en avoir 6 vu plusieurs éléments : incapacité à prononcer Auschwitz, appellation du “Fourreur” et autres, ainsi qu'une totale absence de connaissances des “juifs” (ce qui parait hautement improbable vu la position du père et le climat de l'époque).
C'est dommage car cela vient légèrement diminuer le récit d'une amitié assez touchante, mais crée du coup une distance par manque de crédibilité. Toutefois cela reste un récit intéressant à mettre dans les mains des plus jeunes (maximum 11-12 ans je pense) pour faire comprendre certains tristes épisodes de notre Histoire.
“Je sais, les choses sont allées très vite. Est-ce parce qu'on devine que le temps nous sera compté, que les belles années ne dureront pas, qu'on ne nous fera pas le cadeau de la vieillesse ? Ou tout simplement parce qu'il faut se saisir de l'instant, sans réfléchir vraiment, comme on mord dans un fruit, parce qu'il nous fait envie, parce qu'il est appétissant, parce qu'on a soif ?”
Je crois que je suis tombé amoureux, profondément, de quelqu'un mort il y a 60 ans. Moi qui m'attendais à une biographie, j'en ai été à mes frais, car sous ces pages se déroulent une vie, filant à toute allure vers sa destination finale, une galerie unique de personnages, leurs regards portés sur une seule et même étoile filante, splendide.
J'avais déjà croisé les photos de James Dean, reconnu ce regard qui transperce chacune d'entre elles, brûle la pellicule. Et c'est cette même flamme qui habite ces quelques pages trop courtes. J'aurais voulu en savoir plus, mieux le connaitre encore, mais le livre retranscrit bien cette injustice de ceux que la vie nous arrache trop tôt.
Je l'ai refermé une larme au coin de l'oeil, avec l'impression d'avoir perdu un ami intime, une personne tellement proche. Une fois de plus Philippe Besson a réussi à me faire aimer quelqu'un à travers ses phrases, encore une fois j'ai le coeur qui saigne un peu.
“On n'échappe pas à son destin. Le sien était d'être une étoile et de passer comme une comète.”
Tranche de vie d'un ado de quatorze ans, d'une chute lente vers la drogue et l'alcool, l'oubli de soi. Un thème assez classique mais très bien traité, touchant, triste à certains moments, mais plein de phrases sublimes qui viennent parsemer le récit. Les sentiments sont étalés à même les pages, bruts, puissants, avec leurs tourments, les tourbillons et les interrogations qu'ils déchainent. Le livre renferme une certaine violence, une révolte, sans doute une recherche de soi, une quête de l'autre aussi.
Un texte magnifique, touchant et troublant d'un jeune auteur, une belle description de la jeunesse dorée parisienne (et d'ailleurs en soit), qui retranscrit bien les troubles de l'adolescence et son horrible sentiment de solitude. Le roman arrive a être juste, sans être plaintif, un regard incisif, direct, marquant sur des évènements qui s'enchainent. Les phrases sont courtes, directes, touchent immédiatement leur cible, un auteur à découvrir et à dévorer.
Devenir adulte c'est admettre que la fuite est impossible, que les histoires sont courtes, sans importance, mais qu'elles laissent des traces, pour des raisons qui nous échappent.
Un style qui devient un peu trop répandu dans la littérature française : l'étalage de “souvenirs”, enfilés sur un collier de perles. A la longue ça en devient lassant, encore plus dans ce roman qui se révèle extrêmement déconstruit, où les personnages n'ont pas vraiment de profondeur (si ce n'est une envie formidable de coller une baffe au personnage principal). Sans doute une volonté de montrer une adolescence rebelle, mais tellement loin d'une réflexion adolescente qu'elle n'a aucune crédibilité (L'Attrape Cœur était beaucoup plus crédible dans le genre). Aucun émoi, un attachement aux personnages proche de zéro, et un style bien trop classique / conventionnel.
Excellent roman de science fiction post apocalyptique, où les survivants de l'espèce humaine sont enfermés dans un silo gigantesque et où les seules images du monde extérieur proviennent de l'écran immense du dernier étage. Très bien écrit, bourré de rebondissements assez suprenants, le livre arrive à éviter beaucoup d'écueils classiques et à ne pas être prévisible. La progression, lente au début, s'intensifie avec force au fur et à mesure de l'avancée, tandis que les personnages et l'intrigue gagnent en épaisseur.
Le roman mêle habilement le thème classique post apocalyptique avec une société fermée, jouant avec la psychologie, la politique et ses intrigues, mais aussi par des côtés policiers assez bien construits. Une très bonne surprise !
So this is basically Fifty Shades of Grey meets Gladiator meets Blade Runner of I don't fucking know what. Ok it's well written, but what's with people and those S/M relationship ? Already at trouble with the 50 Shades things, but here with young lads and 20-25 years older guys called “Master” that owns them nope no thanks. So I'll just pass on the rest of the serie.
Je crois que depuis Nuit et Brouillard je n'avais plus vu un témoignage pareil... L'horreur y est décrite sans détours, mécanique, impitoyable, assoiffée de sang, incroyablement sadique. Dur de réussir à imaginer ce qui s'est dérouler dans ce camp, dur de réussir à s'imaginer cette immense machinerie de mort, et ces rires sadiques qui emplissaient l'air de ce charnier. Affreux et bouleversant, mais un nouveau rappel qu'il ne faut pas oublier... Et un triste rappel que non, contrairement à ce que certains ont le culot de prétendre, cette horreur n'était pas un “détail de l'histoire”.
Ce quatrième livre clotûre la quadrilogie “Le Passeur” et est à mes yeux mon préféré. Il arrive à être touchant en parlant de thèmes extrêmement diversifiés et en abordant des dystopies extrêmement différentes bien que réunies au sein du même monde. Le combat de Claire est magnifique, puissant, et c'est une joie de recroiser une dernière fois la galerie complète des personnages aperçus dans les volumes précédents. La quadrilogie vaut le détour même si elle est d'une qualité en dents de scie, mais se clôture d'une façon vraiment magistrale. Une superbe perle des romans pour adolescents, pleine d'apprentissages.
Un recueil de nouvelles assez intéressant, très bien écrit, avec plusieurs idées extrêmement intéressantes que l'on a pu voir dans différents films de science-fiction à travers les dernières décennies. Une préférence personnelle pour trois nouvelles : Les Boules de Feu (critiquant l'ethnocentrisme et l'arrogance humaine et religieuse), l'Heure H (l'Invasion que l'on ne voit pas venir) et Le Visiteur (sur quelque chose que l'on continue à chercher alors même que cela se trouve devant nos yeux). Le style est très fluide, se lit rapidement, et chaque nouvelle apporte son lot de réflexions.
Finally not a straight-washed version of Achille and Patroclus story. The characters are moving, the story is wonderful, giving insight on all Achilles's life before Troy and his fall, the relationship is truly moving (‘k I shed a tear I admit... ok lots.). I can't say how happy I am to finally have a version of this story that speaks the love story of Achilles and Patroclus, and how well it is written. An absolute must-read !
J'ai eu un peu de mal avec le format épistolaire mais au fur et à mesure que l'histoire se déroule on s'y fait sans plus trop y penser (si ce n'est que chronologiquement la Poste semblait très rapide pour l'auteur !). Les personnages sont attachants, les relations nouées à travers les lettres sont étonnamment vivantes et l'on vit vraiment ces quelques instants de vie d'après guerre. Le récit est drôle, touchant à certains moments, d'une certaine légèreté malgré la noirceur des moments abordés.